| Ali HABIB --------Juillet 2002 |
| "L'âne nous permet de rester dans nos pays perdus" |
"L'âne nous permet de rester dans nos pays perdus"
Jean-Yves Comby, éleveur, se réjouit que l'âne ait acquis ce nouveau statut d'animal de loisir, aimé et respecté, participant à sa manière à la pérennité de l'économie locale.Jean-Yves Comby, c'est sûr, aime les ânes. Eleveur d'une trentaine de ces animaux et d'une dizaine de mules, il leur consacre tout le temps que lui laissent ses obligations de maire de La Pesse (263 habitants), non loin de Saint-Claude, dans le Jura.
Les éléments de son troupeau, en partenariat avec l'association Jura Randonnées, emmènent grands et petits sur les chemins du haut Jura de La Pesse au plateau des Rousses ou des Hautes Combes.
"L'âne, dit-il, fait partie intégrante de ce retour à la nature que l'on constate depuis quelque temps, du fait qu'il est très attractif. Les gens des villes vivent stressés. Le contact avec un animal serein et doux leur est donc extrêmement profitable. Ainsi, lorsqu'ils rentrent de randonnée, nos amateurs ont
abandonné angoisses et nervosité et ont, en général, complètement intégré le rythme tranquille de leur nouvel ami." Pour l'éleveur, bien sûr, tous les défauts attribués à cet animal ne sont dus qu'à l'ignorance : "C'était le cheval du pauvre, une bête de travail. Il n'y avait pas de considération réciproque entre lui et l'homme. D'où sa réputation négative. Pourtant avec lui, l'on peut tisser des liens plus approfondis qu'avec le cheval, d'autant que par besoin de protection il assimile les hommes à sa famille. Il devient vite un véritable partenaire. Un attachement réciproque se tisse alors, ce qui explique l'enthousiasme des gens à son égard."Jean-Yves Comby se réjouit que l'âne ait acquis ce nouveau statut d'animal de loisir, aimé et respecté, participant à sa manière à la pérennité de l'économie locale.
"Si nous faisons sa promotion, il nous le rend au centuple, en nous permettant de valoriser notre patrimoine rural et surtout de pouvoir continuer à travailler dans notre terroir, dit encore l'ânier. Nous vivons dans des pays perdus. C'est grâce à lui et avec lui que nous sommes incités et aidés à y rester."Ali Habib
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